| * Bongo gère le Gabon comme un «pater familias», avec un droit de vie et de mort sur ses «enfants». | |
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| Saturday, 07 April 2007 |
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« Il est de ces temps sans issue où la liberté a déserté jusquaux rêves des hommes », écrivait le philosophe Jean Salem, il y a quelques décennies, dans son livre sur lépicurisme. Il sagissait alors pour lui de décrire la situation de décadence de la « société grecque » de lépoque dont Epicure fut le témoin. Mais ces mots qui décrivent létat de déconfiture et de chaos dune société du IIIème siècle avant Jésus Christ, est dune actualité imparable. En effet, on pourrait ainsi décrire, presque sans se tromper, la situation catastrophique dans laquelle se trouve aujourdhui la « société gabonaise ». A limage du monde grec qui a connu sa décadence, le Gabon, lui aussi connaît la sienne. Ce serait une hérésie que de comparer le Gabon à la Grèce, car cette dernière a connu son moment de gloire, et a marqué lhistoire de lhumanité de son sceau. On ne saurait dire autant du Gabon qui, pourtant, a bien des atouts. Le Gabon, à lui tout seul, constitue un vrai paradoxe. Quelques moments de curiosité suffisent pour lire ici ou là que les entreprises gabonaises font des bénéfices. Pour n'en citer que quelques unes : * Les résultats 2006 de Total Gabon sélève à 326,4 millions de dollar US, contre 316,8 millions de dollar US en 2005. Ce qui correspond à une progression nette de 3%. * La BGFI (la Banque Gabonaise et Française Internationale) qui a doublé son capital en passant de 25,065 milliards de francs CFA à 150,130 milliards de franc CFA. * La COMILOG (Compagnie Minière de lOgooué) a enregistré un bénéfice net de 319 millions deuros pour son exercice 2006. * La compagnie pétrolière Maurel et Prom, elle a annoncé une forte hausse de ses résultats financiers : une croissance de 43% du chiffre daffaire qui passe de 407,7 millions deuros en 2006 à 583,7 millions deuro en 2007. Pourtant, malgré ces chiffres justifiant dune prospérité économique, le Gabon va mal et la vie des gabonaises et des gabonais va de mal en pis. On apprend que des étudiants gabonais nont pas perçu de bourse, depuis plusieurs mois, au Brésil par exemple On assiste à une envolée des prix : - des denrées alimentaires (poisson, viande, riz...) - du carburant (essence, gaz oil...) - des transports..., En somme nous assistons à une vraie inflation sans précédent des prix au Gabon. A cela, il faut ajouter le logement qui est inaccessible : les maisons dans les cités socioéconomiques sont attribuées qui à leurs maîtresses, à leurs parents ou amis, mais nullement à ceux pour qui cela avait été prévu. Or la constitution gabonaise dans son article 1, alinéa 10 consacre le droit au logement comme un droit fondamental. Mais, hélas ! (cf. Bongo le Squatteur) C'est la corruption généralisée, l'une des plus grandes de la planète qui a pris le dessus; corruption à laquelle sont confrontés les chinois à qui cela laisse un certain goût amer. Bongo lui même ne vient- il pas dêtre cité sur la liste des chefs d'Etat les plus corrompus du monde par le Comité Catholique contre la Faim et pour le Developpement (CCFD) qui appuie ces arguments en publiant une étude sur les "biens mal acquis" qui chiffre en milliards de dollars les sommes détounées par les dirigeants africains? Pendant ce temps, le chômage est en hausse et dautres sociétés ferment.Cest le cas notamment de notre (ex) fleuron national, Air Gabon, qui a laissé sur le carreau près dun millier de personnes; des soutiens de familles qui avaient à leur charge plusieurs dizaines d'individus. A côté de cela cest le fils Bongo qui a recréé une autre société aérienne, dénommé « Gabon Airlines ». Comme si la "faillite" dAir Gabon était volontaire et programmée afin de laisser la place au "business" du fils de son père. La SNBG (Société Nationale des Bois du Gabon) réduit ses effectifs. Elle ne fait que subir les conséquences de la mauvaise gestion des dirigeants nommés par les plus hautes autorités du pays, venus simplement s'enrichir, car le bois na jamais perdu de sa valeur marchande, et comme toujours ce sont les faibles qui payent le lourd tribut. La presse nous apprend aussi qu' Africa N°1 a été vendu à Kaddhafi.Il y a alors lieu de se poser quelques questions : - Où va largent du pays, tout cet argent ? - Le pays est-il en train dêtre bradé ? - A quoi a servi laugmentation du SMIC que lon nous a annoncé il y a quelque temps ? A rien visiblement. Sans doute était-ce pour préparer psychologiquement la population gabonaise à cette hausse asymptotique des prix? Le Gabon ne compte environ que 1,5 millions dhabitants. Autant dire une population très mince par rapport aux ressources naturelles dont le pays regorge. Normalement, on ne devrait pas connaître la misère au Gabon, si les richesses du pays étaient équitablement réparties. Il suffit de prendre l'exemple sur les petits "royaumes" (émirats) pétroliers du monde arabe. Au contraire, cest la pauvreté et des maladies (dont on ne meurt plus ailleurs) comme la tuberculose (par exemple) qui ravagent nos populations. La majorité des gabonais croupie dans une misère abyssale. Selon les estimations, la pauvreté relative au Gabon atteint plus de 60% de la population et la pauvreté absolue plus de 25%. Dans le dernier classement du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), le Gabon arrive derrière le Burkina-Faso et le Mali. Ce qui, sans aucun mépris pour nos frères du Faso et du Mali, nest absolument pas normal, vue la disproportion des richesses naturelles entre ces deux pays frères et le Gabon. Il y a alors de quoi se poser la question essentielle : pourquoi cela ? La réponse est toute simple : cest que Bongo et sa clique nont fait que gouverner ce pays de façon absolument égoïste. Leur préoccupation essentielle étant dapprovisionner leurs comptes en banque à létranger et de sen mettre plein les poches, sans aucune pensée pour le peuple. Nous sommes donc très loin de la « politeia » grecque. Ce qui entraîne logiquement une autre question : pourquoi, malgré cette mauvaise gouvernance, Bongo et sa bande sont-ils restés au pouvoir durant plus de 40 ans ? Là aussi la réponse est simple : cest que Bongo et son régime ont muselé les populations du Gabon, ils ont pris le pays en otage. Ce pays, Bongo le gère comme un « pater familias », avec un droit de vie et de mort sur ses « enfants ». Pour dire les choses tout simplement et sans détours, le Gabon est sous une dictature atroce et silencieuse. Les quelques élections ne sont rien dautre que de la poudre aux yeux, un semblant de démocratie. Tous les jeux sont faits à lavance. Et là, pour nous endormir, et nous divertir par rapport aux vrais problèmes auxquels sont confrontés les populations gabonaises, on nous parle dinvalidation délections de tel ou tel candidat, afin de nous garder dans cette ambiance électorale voire électoraliste. De qui se moque ton ? Bongo est solidement implanté au pouvoir par une armée tribalisée, et une garde prétorienne. Une armée non républicaine, elle a pris laspect dune milice privée. De plus, il a bien le soutien de quelques hommes politiques véreux à l'intérieur et à l'extérieur du Gabon. La seule façon de déchoir Bongo de son pouvoir, cest par la mort ou par un coup détat. Au tant dire que ce nest pas demain la veille. Il ne nous reste plus quà espérer quaucun pouvoir ne dure mille ans et que la main mise des occidentaux, qui maintient les despotes et les incompétents à la tête des nos pays, prendra fin un jour et à partir de là, une nouvelle classe dhommes libres, des enfants de la veuve, regardant vers lorient éternel, relèvera le challenge et sortira lAfrique en général, et le Gabon en particulier, des sentiers battus, pour enfin amorcer la marche vers la félicité suprême. Que Dieu bénisse le Gabon et veille sur ses habitants. Paris le 7 avril 2007
Siméon J Francis EKOGA
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