"Chirac tire encore beaucoup
de ficelles", selon Probst
NOUVELOBS.COM | 30.05.2007 | 19:15
L'ancien conseiller de Jacques Chirac, invité de nouvelobs.com, passe au crible 12 ans de présidence, en évoquant notamment les relations France-Afrique, la cohabitation et les affaires.

Jean-François Probst (Sipa)
Jean-François Probst, ancien conseiller de Jacques Chirac, auteur de "Chirac, mon ami de trente ans" (mars 2007, Denoël), évoque mardi 29 mai dans le forum de nouvelobs.com les 12 ans de présidence Chirac.
Selon lui, Jacques Chirac est "un tiers gaulliste, un tiers radical-socialiste-clientéliste, un tiers Chirac tueur". "Le vieux lion ne va probablement cesser de dévorer ses proies que le jour où, comme le chante le doyen Henri Salvador, "le lion est mort ce soir", poursuit-il, en affirmant que "Chirac tire encore beaucoup de ficelles" .
Jean-François Probst décrit également les lacunes de l'ancien chef de l'Etat en matière de relations avec l'Afrique : "Le vrai manque de vision que je lui reprocherai le plus (
) est celui concernant laide à lAfrique, la relation Nord-Sud et surtout le nouveau partenariat quil aurait dû mettre en place entre les 53 pays dAfrique et lEurope", dit-il. A ce sujet, l'ancien conseiller souligne "l'incompétence de Dominique de Villepin et revient sur "les relations coupables" de Jacques Chirac "avec un Bongo du Gabon ou un Sassou du Congo". Jean-François Probst souhaite que le président à la retraite "consacre une grande partie de son temps" à "un nouveau et fructueux partenariat" entre les pays d'Afrique.
"Dubidatif" sur le tandem Sarkozy-Kouchner
"Jappelle solennellement Jacques Chirac à ce que nous soyons ensemble, lui et moi, les instigateurs de limplantation urgente de très grandes centrales solaires au Mali, au Niger, au nord de la Côte dIvoire, au Tchad..." demande-t-il encore. Sur les liens de la France avec l'Afrique, Nicolas Sarkozy n'est pas épargné par l'ancien conseiller de Jacques Chirac : "tout le monde a été choqué par cette bizarre phrase 'la France na pas besoin de lAfrique'". "Je préfère mettre cette ineptie sur le compte dun coup de chaud ou dun coup de vin de palme de trop
", ajoute-t-il. Il se dit, en outre, "dubidatif" quant à "la ligne diplomatique du tandem Sarkozy-Kouchner".
Jean-François Probst revient également sur la guerre en Irak : "Même si Chirac semble avoir le mérite de ne pas avoir impliqué la France dans le conflit en Irak, à titre personnel je ne remercierai jamais assez le président George W. Bush davoir débarrassé la planète de ce foldingue, sanguinaire dictateur Saddam Hussein".
Chirac pas condamnable
Jean-François Probst critique par ailleurs "le contresens du pouvoir bicéphale", à savoir la cohabitation. "Claude Chirac et Néron de Villepin pousseront Grand Jacquot à cette stupide dissolution de 1997, qui engendrera une troisième cohabitation dramatique", affirme-t-il.
Interrogé par un internaute sur une éventuelle inculpation de Jacques Chirac, Jean-François Probst répond : "Je ne vois pas, même si les juges convoquent au mois de juin le président Chirac, en quoi il serait aujourdhui condamnable."
Quant au prétendu compte japonais de Jacques Chirac, Jean-François Probst dit : "Personnellement, je crois toujours à la présomption dinnocence". "Vous pensez bien quavec lacharnement de Jospin, Raffarin, Séguin, Villepin, sil y avait dû y avoir révélation, fuite ou couillonnade, lun de ce quatuor naurait pas manqué de ramener sa bonne figure au devant du théâtre", poursuit-il.
L'affaire des frégates de Taïwan est également évoquée : "La majorité de lAssemblée nationale ou du Sénat shonorerait en créant une commission parlementaire denquête", conseille-t-il.
"A la soupe"
Quant à l'hébergement du couple Chirac par la famille Hariri, Jean-François Probst se dit "moins gêné de savoir que les Chirac vont habiter provisoirement quai Voltaire chez les Hariri, que de voir la nouvelle smala Sarkozy en périgrinations sans être passée par le bureau de vote, pour ce qui concerne dame Cécilia, des casinos-hôtels Barrière-Fouquets, en jet puis yacht de grand luxe."
L'ancien conseiller de l'Elysée, qui a voté François Bayrou aux deux tours, a, pour finir, critiqué les députés UDF qui ont rallié Nicolas Sarkozy : "Je trouve dégoûtante la façon dont les Morin, Leroy ou autres Bourlanges, sortis de lanonymat grâce à lUDF et à François Bayrou, ont été à la soupe, à droite et à lextrême-droite, dans le clan de Sarkozy quils avaient si violemment, si justement et si constamment morigéné, depuis des mois."