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Sassou, Bongo et Biya, entres autres symboles des relations franco-africaines postcoloniales protestent : ils se sont sentis mis en cause dans la dernière sortie de Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat français à la Coopération.
Lors de ses vux à la presse ce dernier avait en effet fustigé le " gaspillage des fonds publics " par certains régimes africains. Il avait relevé le retard mis par Nicolas Sarkozy à concrétiser sa promesse d'une rupture avec les turpitudes de la " Françafrique ", manifestant en outre sa volonté dassainir les relations entre lAfrique et la France. " La rupture tarde à venir, avait-il déclaré. Il y a encore trop de rentes de situation, trop d'intermédiaires sans utilité claire, trop de réseaux parallèles pour permettre un partenariat assaini, décomplexé, d'égal à égal. La " Françafrique " est moribonde. Je veux signer son acte de décès " avait-il promis.
La charge de Jean-Marie Bockel a suscité la colère de quelques chefs dEtat africains parmi lesquels Bongo du Gabon, Sassou du Congo et Biya du Cameroun, bref tous les monarques d'Afrique centrale encroutés au pouvoir depuis plusieurs décennies. Ces derniers ont appelé lElysée pour protester contre les propos du secrétaire dEtat français.
Sarko-Bongo à Libreville : une image de la Françafrique 
Omar Bongo et le Gabon en particulier se sentant indexés par M. Bockel quand celui-ci a relevé « un certain nombre de demandes incohérentes de certains pays qui ont dun côté une rente pétrolière quils ne consacrent pas aux investissements quils nous demandent de financer » ont répondu dans un communiqué que « des tels propos ne peuvent être mus que par lignorance des réalités de la coopération franco-africaine » et que « si la France estime que lAfrique lui coûte cher, il lui revient souverainement den tirer les conclusions sans être obligée de se justifier de façon aussi péremptoire »
Faut-il vraiment sétonner de cette contre-attaque somme toute attendue ? Pas vraiment : en loccurrence les potentats de cette sous-région, assis sur lor noir ne manquent pas de moyens de pressions sur le palais de lElysée. Dailleurs Omar Bongo y est déjà allé de son chantage traditionnel. « LAfrique saura trouver assurément des partenaires plus respectueux de la dignité de ses peuples et de la souveraineté de ses Etats » a-t-il menacé.
Au palais de Mpila à Brazzaville, sans être aussi démonstratif, le clan familial au pouvoir est néanmoins inquiet. Ici dépuis le départ de " l'ami Jacques " on n'est plus sûr de rien et on se méfie. Les leçons de la Baule ont forcément été retenues.
Sarkozy, qui a annoncé qu'il effectuerait un voyage en Angola au mois de février confirmera-t-il la volonté de la France de tourner le dos aux vieilles habitudes dantan ? Venant d'un ami de Bolloré, l'un des plus grands profiteurs du marché africain rien nest moins sûr. Même si dans son allocution lors des traditionnels voeux au corps diplomatique, le président français a déclaré que " L'Afrique a changé, et la relation de la France avec l'Afrique doit aussi changer ", dans le sens où la France souhaiterait à présent " une action plus proche de la société civile, délibérément tournée vers la jeunesse ".
Quoiqu'il en soit les Africains sauront, dans un avenir proche si sur les bords de la Seine on est prêt à des révisions déchirantes, à une remise en cause de ces « avantages que tirent la France et les autres Etats occidentaux de leurs rapports économiques depuis toujours, avantages mutuels par ailleurs », avantages relevés par M. Bongo, ou sil ne sagit là que dun coup d'épée dans l'eau ou, pire, d'une simple manoeuvre de diversion.
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