
Brice Hortefeux, le ministre de l'Immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du co-développement, a voulu marquer son premier déplacement, samedi à Paris et à Roissy, en adressant "deux signaux simultanés": favoriser l'intégration et lutter contre l'immigration clandestine.
En visitant un centre d'accueil de demandeurs d'asile (CADA) à Paris puis la zone d'attente des personnes en instance de reconduite à la frontière (ZAPI) de Roissy (Seine-Saint-Denis), il s'agissait d'adresser "deux signaux, simultanés, et concomitants"
Avec la première visite, il y avait "le symbole de l'intégration et de la volonté d'insertion d'étrangers dans notre communauté nationale", tandis que l'autre marquait que "nous devions lutter avec beaucoup d'efficacité contre toutes les formes d'immigration clandestine", a dit M. Hortefeux.
Au CADA du XIe arrondissement, il a rencontré plusieurs personnes qui venaient d'obtenir leur statut de réfugié, dont une jeune femme, Bolivienne, médecin généraliste, et l'autre, universitaire tchétchène, professeur de philosophie.
S'il s'est réjoui de ce que le nombre de places de CADA avait été "considérablement augmenté entre 2002 et 2007, passant de 5.000 à environ 20.000", il a regretté la longueur des procédures.
"Les délais sont trop longs, en moyenne plus de deux ans (contre) quelques mois dans d'autres pays d'Europe", a-t-il dénoncé. Il faut que nous allions plus vite, qu'on se rapproche de la moyenne européenne, de six mois", a souhaité M. Hortefeux.
Le ministre a souligné qu'il entendait aussi "développer la politique d'aide au retour volontaire, qui peut permettre de mieux redémarrer dans les pays d'origine".
A Roissy, il a visité la ZAPI 3, dans laquelle se trouvaient une quarantaine de personnes en attente de reconduite à la frontière et qui peut en accueillir 170.
En 2006, "35.000 étrangers en situation illégale ont été reconduits dans leurs pays, il faut que cette action s'inscrive dans la durée", a relevé M. Hortefeux.
Mettant en parallèle ses deux visites, il a estimé qu'il fallait "adresser un signal : il doit y avoir une volonté d'accueil des vrais demandeurs d'asile, et pas de ceux qui détournent les procédures", et a placé son action "sous un triple signe : aide au développement, meilleure maîtrise de l'immigration et mieux d'intégration".
"Les trois ne sont pas dissociables, ce n'est pas l'un ou l'autre, c'est l'un et les autres", a-t-il conclu.