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Le Canada affirme sa souveraineté sur l'Arctique dans un exercice militaire

 
 
photo : Michel Comte , AFP
 

monde A BORD DU HMCS FREDERICTON (AFP) - 16/08/07 16:42

" Nous sommes ici pour montrer au monde que nous surveillerons l'Arctique canadien", affirme Al Fry, officier du HMCS Fredericton qui participe cette semaine au plus important exercice militaire de l'histoire canadienne dans cette région.

L'exercice interarmées Nanook, qui se déroule dans la région d’Iqaluit et des régions côtières de l’île de Baffin et du Détroit d’Hudson, dans le Nord canadien, "est une opération de souveraineté", confirme la générale Chris Whitecross, commandante de la Force opérationnelle interarmées pour le Nord.

Ottawa entend affirmer sa souveraineté sur le passage du Nord-Ouest, voie maritime reliant l'Atlantique au Pacifique, face aux autres puissances régionales ou celles qui lorgnent vers cette région pour ses richesses potentielles en hydrocarbures.

Dans le cadre de l'exercice Nanook, un avion de surveillance est chargé de détecter un navire et un avion tentant d'introduire illégalement de la drogue sur une île du Grand Nord: un sous-marin piste le bateau contrebandier pour permettre à la frégate de patrouille HMCS Fredericton, accompagnée des garde-côtes, de l'intercepter. Pendant ce temps, des chasseurs CF-18 obligent l'avion à atterrir à Iqaluit.

En fait, les violations de ce territoire septentrional sont assez rares, et il est pratiquement impossible de ne pas s'en apercevoir, selon la générale Whitecross.

"Il y a de vastes régions inhabitées, dans l'Arctique, mais nos (1.500) patrouilleurs (les Rangers Inuits) remarquent les navires ou les traces inhabituelles sur la neige", affirme-t-elle.

Des radars et des drones de surveillance devraient bientôt compléter ce dispositif, ajoute-t-elle.

Le Premier ministre canadien Stephen Harper s'est engagé, lors d'une tournée la semaine dernière dans le Grand nord, à "protéger vigoureusement la souveraineté arctique" de son pays.

La Russie a relancé la course vers l'Arctique en plantant, au début du mois, un drapeau sous le pôle Nord, tandis que le Danemark a envoyé cette semaine une expédition vers les fonds marins au nord du Groenland.

Les Etats-Unis ne reconnaissent pas la souveraineté canadienne sur le Passage du Nord-Ouest, qu'ils considèrent partie des eaux internationales. En 2006, un sous-marin américain a traversé ces eaux sans en prévenir les autorités canadiennes, provoquant un incident diplomatique entre les deux voisins.

Robert Huebert, expert en géopolitique de l'Arctique à l'université de Calgary, souligne que des entreprises américaines dépensent des centaines de millions de dollars pour l'exploration pétrolière
 
photo : Michel Comte , AFP
 
dans cette région, et que même la Corée du Sud investit dans la construction de brise-glace.

"Il va y avoir beaucoup plus de monde venant en Arctique pour de très différentes raisons", assure-t-il.

"Nous (Canadiens) devons être prêts à revendiquer ce que nous voulons contrôler, et à montrer que nous contrôlons ce que nous revendiquons", conclut-il, estimant toutefois qu'Ottawa n'atteindra sa pleine capacité de puissance arctique qu'en 2025-2030.

L'opération Nanook, commencée le 7 août pour une durée de dix jours, a dû relever de nombreux défis à cause du climat rigoureux qui a provoqué certains dysfonctionnements de l'équipement, sans compter les cas d'engelures et d'hypothermie.

"Avec des températures allant de -50 à -75 degrés en hiver, on ne peut pas simplement donner (aux militaires) des parkas, de bonnes bottes, des gants et un chapeau, puis leur dire +Allez vers le Nord!+", reconnaît la générale Whitecross.

Le HMCS Fredericton assure habituellement la protection de la côte atlantique du Canada. La semaine dernière, la frégate et ses 225 membres d'équipage s'entraînaient dans la mer des Caraïbes, au côté de la marine américaine.

"La différence de 50 degrés dans la température a été un choc!", reconnaît un matelot.
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