
"Hystérie", "menteur", "ignoble": le ton de la campagne présidentielle s'exacerbe avec un duel à distance entre les deux principaux candidats qui radicalisent leurs échanges alors qu'il reste encore plus de deux semaines de campagne.
Ségolène Royal qui s'était jusqu'à présent abstenue d'attaquer personnellement son adversaire est descendue dans l'arène et a frappé fort, traitant Nicolas Sarkozy de "menteur", l'accusant même de ne pas respecter les règles du débat démocratique.
"Cet homme qui est vraiment prêt à tout et à dire vraiment n'importe quoi dans le cadre de cette campagne présidentielle, je pense qu'il faut que ça cesse. M. Sarkozy a menti" a-t-elle lancé mardi soir sur Canal +.
Elle évoquait une déclaration du candidat de la majorité accusant son adversaire socialiste de l'avoir traité "d'ignoble" à propos de la question de l'identité nationale.
Mettant en cause la légalité de l'utilisation du bleu-blanc-rouge, en période électorale, sur la couverture du livre de son adversaire, "Ensemble" Ségolène Royal a regretté "que M. Sarkozy ne respecte pas les règles d'un débat démocratique".
Nicolas Sarkozy avait engagé le fer, la semaine dernière, après les incidents de la gare du Nord.
Critiqué par la gauche sur son bilan en matière de sécurité il avait accusé Ségolène Royal "d'être du côté de ceux qui ne paient pas leur billet dans le train".
Quelques jours plus tard, il avait regretté "l'hystérie" autour de sa proposition d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale. Il avait alors parlé d'une "faillite morale" de la gauche.
Mardi, Mme Royal s'était déclarée "insultée", affirmant que le candidat UMP "perd son sang-froid".
Ce brusque raidissement intervient alors que les intentions de votes montrent des scores serrés entre les deux principaux candidats et en même temps une grande incertitude, les poussant à ne plus se faire de cadeaux.
Entre 40 et 50 % des électeurs disent n'avoir encore pas fait de choix définitif, selon les sondages.
Cette polémique reflète également la bi-polarisation croissante de l'élection autour des candidats PS et UMP, qui semblent s'affronter comme dans un deuxième tour.
François Bayrou compte en tirer profit. Il s'en est pris mercredi à "la guerre perpétuelle entre l'un et l'autre", se posant en "président capable de faire vivre les Français ensemble".
Les petits candidats, moins audibles, ne sont pas en reste. Ainsi José Bové a qualifié mardi "d'abjects" les propos de Nicolas Sarkozy sur l'immigration.
Quant à Jean-Marie Le Pen, il reste fidèle à sa virulence. Il a qualifié mercredi les sondeurs "d'escrocs", l'envolée de M. Bayrou de "bidon", et pronostiqué que Mme Royal va "faire un bide".