Reuters - Samedi 18 août, 13h55
PARIS (Reuters) - Francis Evrard, arrêté mercredi alors qu'il venait de violer un enfant enlevé à Roubaix (Nord) détenait du Viagra sur lui alors qu'il avait en théorie obligation de soigner ses déviances sexuelles, a confirmé samedi son avocat Jérôme Pianezza. <script language=JavaScript src="http://eur.a1.yimg.com/java.europe.yahoo.com/eu/ads/sp2js/sp2flash5.js"></script>
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Le suspect, poursuivi et écroué pour "enlèvement et viol aggravé sur mineur de moins de 15 ans", venait de passer 18 ans en prison pour des viols sur mineurs et avait été libéré le 2 juillet.
Il a expliqué aux policiers que le Viagra, médicament stimulant l'érection, lui avait été prescrit par le médecin de la prison de Caen et délivré par un pharmacien de Rouen, selon le journal Le Parisien.
Les enquêteurs vont maintenant vérifier ces allégations. Il s'agirait, si c'était vérifié, d'un dysfonctionnement supplémentaire du dispositif de surveillance judiciaire auquel le pédophile était soumis depuis sa sortie de prison.
Il devait en théorie se soigner, demeurer à Rouen et avait bien sûr interdiction de fréquenter des mineurs, obligations non respectées sans que la justice puisse le savoir, puisqu'il n'était convoqué par un juge d'application des peines que fin août.
Ce dispositif de surveillance était le plus sévère applicable à cet homme. Les soins obligatoires et le "suivi socio-judiciaire", une formule de contrôle plus stricte, ont été votées depuis 1998 mais ne lui sont pas applicables.
REUNION LUNDI AVEC SARKOZY
En prison, Francis Evrard avait commencé un traitement hormonal dans la perspective d'une libération conditionnelle mais l'a interrompu lorsque cette demande a été rejetée, a dit le parquet de Lille.
Le président Sarkozy a annoncé la tenue d'une réunion lundi prochain à Paris avec les ministres de l'Intérieur, de la Justice et de la Santé, pour décider de nouvelles mesures concernant ce type de criminels.
Une première réunion préparatoire doit se tenir dimanche entre le Premier ministre et les principaux ministres concernés. Pourraient être abordés un renforcement des obligations de soins, le sujet de l'hospitalisation obligatoire et du placement sous bracelet électronique mobile.
L'Union syndicale de la magistrature (USM, majoritaire) s'est déclarée par avance sceptique sur toute annonce de réforme, en rappelant que deux textes de lois avaient déjà été votés cette année sur le sujet, dont un le mois dernier, sans pouvoir être appliqués de manière satisfaisante.
Condamnant ce qu'il appelle une "danse de Saint-Guy législative", le syndicat appelle le gouvernement à débloquer des moyens financiers et du personnel pour appliquer déjà les textes existants.