Va, cours, vole et nous venge...
Il faut très vite arrêter de sintéresser à cette gesticulation.
Nous avons bien compris quil sagit de nous montrer que nous avons lhonneur et lavantage davoir un président© jeune, en forme, "à fond" ; ce qui tranche nettement avec ses deux prédécesseurs. La rupture doit être comme incarnée physiquement par le style de cet homme pressé qui court, qui bouge et qui semble ne jamais pouvoir rester vraiment immobile.
Du mouvement, encore du mouvement, toujours du mouvement, rien que du mouvement.
"Va, cours, vole, et nous venge"... de tant dannées dimmobilisme, de "tabous" et de lâchetés politiques !
En essayant de forcer les médias à sintéresser à cette course en avant, comme dailleurs au côté festif de son début de mandat (du Paloma aux week-end successifs à Brégançon - et nous ne sommes pas passés très loin dune virée à Cannes...), léquipe de Nicolas Sarkozy tente habilement docculter les sujets qui pourraient fâcher : franchise(s) médicales, service minimum, carte scolaire, etc...
Il sagit tout bêtement dun axe fort de la communication présidentielle dans sa première séquence : détourner notre attention, nous obliger à regarder ailleurs.
Juste à côté.
Doù la nécessité dêtre vigilants et de refuser de nous arrêter sur des images qui ne nous sont jetées en pâture que pour nous contraindre à ne pas voir le reste. Tout le reste.
Comme lécrivait Daniel Schneidermann, dès le 9 mai : "(...) vous nêtes pas obligés de regarder Sarkozy, comme vous nêtes pas obligés de regarder TF1. Il y avait déjà une chaine quon pouvait ne pas regarder, il y aura un président quon pourra ne pas regarder. Evidemment, si vous en avez envie, vous avez le droit, nest-ce pas ? Déjà, je me fais traiter de stalinien, je ne voudrais pas aggraver mon cas. Mais simplement, vous nêtes pas obligés".
Non, vous nêtes pas et nous ne sommes pas obligés. Pas obligés de nous intéresser à ce que lon nous propose. Et autorisés surtout à le dire publiquement, quand loccasion sen présente.
Et, surtout, nous pouvons scruter dautres enjeux.
Ainsi, ce matin Bertrand Delanoé continue-t-il, lair de rien, sa campagne qui ne dit pas son nom au micro de Jean-Michel Aphatie sur RTL. Juste le lendemain de la réapparition de Ségolène Royal au 20 heures...
Nous pouvons aussi, dans un tout autre domaine (quoique...), nous intéresser de près à cet entretien avec Laurent Mauduit, à paraître dans les Inrockuptibles : un entretien explosif consacré à Alain Minc et à sa gestion du quotidien Le Monde. Cliquez là, vous ne regretterez sûrement pas cette "exclu" du DEL : MINC-Inrocks.pdf. (Merci à Sylvain Bourmeau).
Vous voyez, ce ne sont pas les sujets qui manquent en dehors de ça :
[Merci aux internautes qui mont envoyé cette excellente illustration]