Il a dabord rompu le silence en accordant un entretien au Bondy Blog, dans lequel lancien ministre délégué à la Promotion de légalité des chances sexplique ainsi : "Quand un individu, ministre de lIntérieur, affirme devant un parterre de ministres que moi, Azouz Begag, jai des antécédents psychiatriques ; quand il déclare quil faut associer immigration et identité nationale dans un même ministère, alors oui, je dis que cet individu est dangereux. Cest un devoir personnel et politique majeur que dinformer les électeurs avant lélection. Si je laisse faire, je pourrais être accusé de non-assistance à pays en danger."
Puis, invité vendredi matin sur RTL, il sest encore épanché à propos de Nicolas Sarkozy. "Quand ce type parle de moutons égorgés dans la baignoire devant douze millions de téléspectateurs, est-ce quil est en train de parler des Islandais ou des Finlandais qui sont en train denvahir la France ?", sinterroge-t-il par exemple. Ou bien, puisque le candidat UMP nie lavoir menacé de lui casser la figure : "il est un menteur", accuse-t-il. Ou encore : "Un homme comme lui a la maîtrise et le soutien de tant de pouvoirs médiatiques et économiques (...) sans supporter la moindre contestation". Pouvoirs médiatiques ? Cest là quon en vient à ce qui nous intéresse ici : Azouz Begag se dit victime dune "fatwa médiatique" : "Est-ce que vous imaginez quil y a des journalistes qui mont dit : "Monsieur Nicolas Sarkozy nous a téléphoné pour nous dire de ne plus parler de vous" ? Quand on vous prévient que cet homme-là veut les médias à sa botte ! Il faut visionner la vidéo de lémission de France 3 Nord/Pas-de-Calais, où il dérape en accusant la rédaction régionale dêtre "malhonnête" et d "un manque dobjectivité invraisemblable" alors que, comme le décortique bien Arrêt sur images, il ne contredit en fait le reportage visé que sur un point mineur.
Mais quiconque le remet sérieusement en cause sexpose à un violent retour de bâton. Pressions, coups de sang, intimidations, attaques en justice : si la politique ultrasécuritaire de Nicolas Sarkozy menace les libertés individuelles, la liberté dexpression et celle de la presse seraient très vite dans le collimateur dun petit Néron sacré président. Il rêve le paysage médiatique comme offrant le choix entre la Pravda en version papier et Fox news en cathodique.
Et gageons que même la blogosphère serait vite mise au pas, victime dune "normalisation" forcée. Voilà encore un des enjeux de cette présidentielle.