
Les secours ont réussi dimanche soir à localiser l'épave de l'avion de la compagnie Kenya Airways qui s'est écrasé dans la nuit de vendredi à samedi au sud-ouest du Cameroun avec 114 personnes à bord juste après son décollage de Douala, où sévissait un violent orage.
Au soir du deuxième jour de recherches, un hélicoptère a repéré le Boeing 737-800 peu après 18h00 locales (17h00 GMT) dans une région marécageuse à Dizangué, à une cinquantaine de kilomètres à peine à l'est de l'aéroport de Douala, a annoncé à l'AFP une source proche de l'autorité camerounaise de l'aviation civile.
Aucune information n'était immédiatement disponible sur la présence d'éventuels survivants dans l'épave, qui repose dans une zone de mangrove située non loin de la ville d'Edéa, a ajouté cette source.
Selon une autre source officielle au Cameroun, la présence de l'épave du Boeing dans ce secteur a été signalée par des habitants de la région.
"Une équipe de spécialistes doit arriver dès demain (lundi) matin sur les lieux, notamment des experts chargés d'identifier les cadavres grâce à leur ADN", a précisé sous couvert de l'anonymat à l'AFP cette source, écartant de fait la possibilité de retrouver des survivants.
Plus tôt dans la journée, le directeur général de Kenya Airways Titus Naikuni avait évoqué l'hypothèse selon laquelle l'avion s'était écrasé dans une "zone marécageuse" proche de Douala, sans la localiser avec précision.
Le responsable de la compagnie kenyane avait notamment fait état de témoignages de pêcheurs qui avaient rapporté avoir entendu une forte explosion dans la nuit de vendredi à samedi, après l'heure du décollage de l'appareil.
"Cette information ouvre la possibilité que l'avion ait pu tomber dans cette zone", avait-il estimé.
Jusque-là, les recherches aériennes et au sol engagées depuis samedi matin avec plusieurs avions et hélicoptères et d'importants effectifs de gendarmes s'étaient concentrées sur un vaste rectangle de forêt situé au sud d'une ligne reliant Douala à Yaoundé, à 250 km plus à l'est.

Sur la foi de l'unique signal d'une balise de détresse capté samedi à 2h00 locales (1h00 GMT) et en reconstituant la route probable de l'avion, les autorités avaient notamment visé un triangle de forêt dense situé à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Yaoundé, mais sans résultat.
Dans la journée, un responsable de l'aviation civile kenyane avait pour sa part évoqué, sur la foi de témoignages de pêcheurs, la possibilité d'un crash en mer, nettement plus proche de Douala.
"L'avion a décollé en toute sécurité, puis il a eu un problème électrique ou mécanique. Alors qu'il repartait vers l'aéroport, il s'est écrasé dans la mer", a-t-il déclaré à l'AFP sous couvert de l'anonymat.
Selon les informations de la compagnie et de l'aviation civile camerounaise, le Boeing 737-800 de la compagnie Kenya Airways s'est écrasé juste après son décollage samedi à 00h07 locales (vendredi 23h07 GMT) de Douala, où sévissait un très violent orage.
Il transportait 105 passagers et 9 membres d'équipage, dont au moins 83 Africains, 21 Asiatiques, 7 Européens et 1 Américain, a précisé la compagnie. La nationalité des deux dernières personnes n'a pas encore été établie.
Plusieurs sources au Cameroun interrogées par l'AFP ont évoqué la piste d'un accident provoqué par le mauvais temps.
L'appareil kenyan, qui n'était âgé que de six mois, a décollé de Douala sous un violent orage, ont-elles souligné. Selon une de ces sources, un avion de la compagnie Cameroon Airlines qui devait décoller au même moment a d'ailleurs différé son départ à cause du mauvais temps.
Le directeur général de Kenya Airways Titus Naikuni a lui-même indiqué samedi que l'avion avait retardé son décollage d'une heure "à cause de pluies".