Nicolas Sarkozy aurait menti pendant sa campagne présidentielle sur son grand-père, alors quil était en posture délicate avec Jean-Marie Le Pen et en cherchant à sapproprier les électeurs du Front National?
"Oui, je suis un enfant dimmigré, fils dun Hongrois, petit-fils dun Grec né à Salonique, qui sest battu pour la France pendant la Première Guerre Mondiale."
A Montpellier, le 3 mai, dans la campagne dentre-deux tours, Nicolas Sarkozy réitère :
"Jai été élevé par mon grand-père, je laimais passionnément. Il avait fait la Première Guerre, et il avait eu peur, lui le Juif de Salonique, de la Seconde Guerre Mondiale."
Dans "Sarkozy, une famille française" aux éditions Calmann-Levy, page 64, les journalistes Pascale Nivelle et Elise Karlin démentent ces informations : le grand-père de Nicolas Sarkozy, Benedict Mallah, na pas combattu pour la France, mais a échappé à la mobilisation de justesse, en tant que "soutien de famille".
"A douze ans, Benedict est pensionnaire au Lycée Lakanal à Sceaux, dans la région parisienne. Il fait sa médecine en soccupant de ses frères, qui lont rejoint juste avant que débute le premier conflit mondial. Soutien de famille, il échappe de justesse à la mobilisation"
Pascale Nivelle, Elise Karlin, "Sarkozy, une famille française" p.64
Comment expliquer que les médias mainstream nont pas relevé cette contradiction, alors quElise Karlin figurait notamment dans un reportage de France 2 du journal de 13 heures du 7 mai, dans lequel se trouvait un extrait du meeting de Montpellier avec la phrase citée plus haut ? Les journalistes mainstream ont-ils réellement informé de manière fiable leurs lecteurs, auditeurs ou télespectateurs ?
Quel est le sens de léthique dun président qui déforme lhistoire de sa propre famille pour gagner des électeurs ? Un tel comportement est-il compatible avec la rigueur, la dignité et léthique supposée dun chef dEtat, et la République peut-elle le cautionner ?
Le passage de pouvoir entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy seffectuera le 16 mai prochain. En février, une réforme du statut pénal du Chef de lEtat a été adoptée par lAssemblée Nationale (1), réforme qui permet dinstaurer une procédure de destitution <<en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec lexercice de son mandat>>. Ne serait-il pas judicieux de sinterroger sur ces faits, à la lueur de cette procédure, vu la tromperie aux électeurs que représentent ces paroles de Nicolas Sarkozy ?
(1) Loi constitutionnelle n° 2007-238 du 23 février 2007 portant modification du titre IX de la Constitution publiée au Journal Officiel du 24 février 2007.