
Les Français sont appelés à choisir ce dimanche entre 12 candidats à l'Elysée, dont seuls les deux premiers resteront en lice pour le second tour, le 6 mai.L'événement
Précédés samedi par un million d'électeurs résidant dans plusieurs départements et collectivités d'Outre-mer ou sur le continent américain, quelque 43,5 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour le premier tour de cette huitième élection présidentielle au suffrage universel depuis 1965, au terme de laquelle on saura qui succèdera à Jacques Chirac.
C'est beaucoup plus que lors de la dernière élection présidentielle, les 21 avril et 5 mai 2002, où l'on comptait 41.194.689 millions d'inscrits. Parmi les 3,3 millions d'inscrits supplémentaires, beaucoup sont de jeunes électeurs âgés de 18 à 30 ans. Les 64.030 bureaux de vote en métropole ont ouvert leurs portes à 8H00.
La plupart d'entre eux (70%) resteront ouverts jusqu'à 18 heures. Dans 106 communes, dont plusieurs grandes villes comme Dijon, Rennes, Tours, Nantes, Angers, Toulon, ils ne fermeront qu'à 19H00. Un quart des bureaux fermeront à vingt heures. Ce sera le cas à Paris, dans six départements sur sept de l'Ile-de-France, mais aussi à Nice, Marseille, Caen, Toulouse, Bordeaux, Montpellier, Grenoble, Saint-Etienne, Reims, Strasbourg, Lyon, Villeurbanne, Amiens et dans 52 communes de moindre importance.
Aucune information sur les résultats de ces élections ne pourra être divulguée avant la fermeture du dernier bureau de vote à 20H00.
Première inconnue de ce rendez-vous électoral: le taux de participation. En 2002, l'abstention avait atteint le taux de 28,40% au premier tour, un record pour une élection présidentielle. Cette faible participation avait d'ailleurs contribué au scénario inattendu du scrutin de 2002 qui avait vu l'élimination au premier tour du candidat socialiste Lionel Jospin et la qualification pour le second tour, face à Jacques Chirac, du candidat Front national Jean-Marie Le Pen. Malgré l'organisation de ce premier tour en pleines vacances scolaires de printemps, les instituts de sondage tablent cette fois sur une forte participation, qui pourrait approcher les 80%.
Au terme de plusieurs mois de débats et d'affrontements politiques, l'incertitude persiste sur le nom des deux candidats qui arriveront en tête dimanche soir et pourront disputer le second tour.

Parmi les douze candidats, quatre - le président de l'UMP Nicolas Sarkozy, la socialiste Ségolène Royal, le centriste François Bayrou et le leader du Front national Jean-Marie Le Pen - apparaissent en mesure de pouvoir gagner ce droit, avec des chances inégales toutefois. En tête de la quasi-totalité des - nombreuses - enquêtes d'opinion publiées depuis janvier, M. Sarkozy semble tenir la corde pour la première place, mais sa position dominante s'est érodée au cours des dernières semaines. Il reste sous la menace de Ségolène Royal qui, jouant notamment de l'appel au vote utile à gauche, a réussi à se maintenir dans son sillage. Mais elle-même n'est pas totalement à l'abri d'une poussée dans les urnes de François Bayrou, qui a été la surprise de la campagne en s'imposant comme le troisième homme, sur une thématique de refus de la domination UMP-PS sur la vie politique.
Un peu plus loin, Jean-Marie Le Pen n'a pas renoncé à rééditer sa performance de 2002 et à créer à nouveau la surprise. Pour les huit autres candidats - Olivier Besancenot LCR), Marie-George Buffet (PCF), Arlette Laguiller (LO), Gérard Schivardi (soutenu par le PT), José Bové (altermondialiste), Dominique Voynet (Verts), Philippe de Villiers (MPF) et Frédéric Nihous (CPNT) - le scrutin permettra surtout de mesurer leurs audiences respectives.