Tendance inquiétante. Dans le Rhône, les chiffres sont encore provisoires, mais un tiers des nouveaux militants aurait pris le large (les socialistes étaient passés dans ce département de 2 000 militants environ en 2003 à 5 300 fin 2006).
«Beaucoup étaient venus pour amplifier le mouvement royaliste, estime Christiane Demontès, sénatrice et première fédérale du Rhône.
On les a vus pour la désignation, puis Ségolène Royal a été battue et ils sont passés à autre chose. Je crois même que certains dentre eux ont depuis rejoint le Modem.» Ce que les militants du Mouvement démocrate confirment.
Mais les premiers scrutins internes ont dégagé une autre tendance, plus inquiétante: 300 à 400 anciens militants nauraient pas payé leur cotisation.
«Cest très nouveau, grimace la première fédérale.
Ce sont des gens qui habituellement votaient à chaque élection interne, et se mettaient à jour à cette occasion. Cette fois, ils ne sont pas venus.» Pour quelles raisons?
«Il y a la défaite du mois de mai, les livres de règlements de compte, le départ au gouvernement de quelques-uns, la cacophonie et labsence de ligne. Les gens sont déboussolés. Ceux qui restent aussi, dailleurs. Ils se demandent où nous allons.»
Le reste est du même style. Les nouveaux adhérents pensaient trouver un parti ouvert et projeté sur lavenir. Ils ont été attirés par un espoir de rénovation et de clairvoyance.Ils partent en courant et ne cachent pas leur déception. La démocratie ne pourra vivre que dans une nouvelle démarche et elle ne peut plus venir du PS qui est proche de la faillite politique.
Ceux qui rejoignent le MoDem ne veulent plus entendre parler de cette gauche autiste. Ils ne croient plus dans ce vieux clivage droite-gauche et veulent surtout défendre lidéal démocratique et le respect des valeurs humaines. Ce sont ces valeurs que nous défendons à Bezons, valeurs qui sont loin dêtre respectées et qui seront possibles dans le rassemblement le plus large si le blocage psychologique des frontières politiques du passé volent enfin en éclat.