La maltraitance des personnes âgées est restée longtemps niée, ne faisant lobjet daucune étude. Cette forme de maltraitance commence tout juste à être prise en compte par les pouvoirs publics, alors que les maltraitances sur des enfants sont combattues depuis longtemps et très médiatisées. En mars 2007, lEtat a tenu a relancé la lutte contre ce fléau.
Le dispositif de lutte contre la maltraitance des personnes âgées ne date que de 2002. Il a été critiqué dans un rapport de lInspection générale des affaires sociales (IGAS) de 2006. Cest pour cette raison quun nouveau plan de lutte contre la maltraitance des personnes âgées et des personnes handicapées a été présenté en mars 2007 par Philippe Bas, ministre du gouvernement Villepin. Une circulaire du 22 mars 2007 rappelle que lesprit de la réforme est dinculquer une culture de la bientraitance : 20 millions deuros sur trois ans doivent aider à poursuivre cet objectif.
LALMA est lAssociation de lutte contre la maltraitance des personnes âgées en France. Cest un réseau national découte téléphonique (0892 680 118) qui a été ouvert après décision prise seulement en 1994. 935 signalements ont été effectués entre 2003 et 2005 pour 960 000 personnes accueillies en établissements pour personnes âgées et pour personnes handicapées. Ces actes vont de petites négligences quotidiennes (toilettes trop rapides, repas trop tôt...) à la violence morale, physique ou sexuelle. Rien quen 2004, lAlma a ouvert 450 nouveaux dossiers de maltraitance en établissement, contre 1 152 en 2003. Il ne sagirait que de la face émergée de liceberg. En effet, 600 000 personnes âgées seraient concernées en France par la maltraitance, soit 5 % des plus de 65 ans et 15 % des plus de 75 ans. On estime quun cas sur six seulement est actuellement repéré.
La loi du 2 janvier 2002 rénovant laction sociale et médico-sociale avait ouvert la voie en instituant divers instruments de prévention de la maltraitance : livret daccueil, charte des droits et libertés de la personne accueillie, procédure dévaluation et de contrôle des structures, protection des professionnels dénonçant des faits de maltraitance. La circulaire du 22 mars 2007 prévoit que le livret daccueil doit préciser les actions menées par létablissement en matière de prévention et de lutte contre la maltraitance et comporter les numéros dappel (national et/ou local) dédiés à lécoute des situations de maltraitance (par exemple, celui de lassociation ALMA).
Les établissements sont soumis obligatoirement à une évaluation interne, tous les cinq ans, de leurs activités et de la qualité des prestations délivrées. Ils disposent pour cela dun guide de gestion des risques de maltraitance élaboré par le Comité national de vigilance contre la maltraitance des personnes âgées. Une évaluation externe existe aussi : pour le recrutement des personnels, une liste dincapacités professionnelles a été instituée, et la possibilité de consulter le casier judiciaire des candidats. 4 000 établissements devraient être contrôlés en cinq ans.
La circulaire incite les établissements à inscrire, dans leur plan de formation, un volet relatif à lamélioration de la bientraitance et à la prévention de la maltraitance. Laccroissement des effectifs - 23 400 emplois supplémentaires avaient été annoncés en 2007 - est un moyen de lutter contre lépuisement des professionnels souvent surchargés. Une expérimentation a été menée en avril 2007 en Corse et en Franche-Comté pour prévenir ces risques dépuisement.
Sur le plan des sanctions, outre lexistence de mesures disciplinaires, le nouveau code pénal, entré en vigueur en mars 1994, a renforcé la protection des personnes les plus faibles (articles 432-8, 432-9, 223-3, 225-14 et 223-6).
Dici à la fin 2009, chaque département devrait être doté, à travers le réseau ALMA, dune antenne daccueil téléphonique spécialisée permettant de recueillir le témoignage des victimes.