dimanche 07 octobre 2007, 21h45 | leparisien.fr

(AFP/MEHDI FEDOUACH)
Evoquant hier le projet de loi sur l'immigration et l'amendement concernant les tests ADN, le Premier ministre a parlé d'une «loi dont les polémiques ont grossi jusqu'au ridicule un détail, en masquant l'essentiel». Le mot «détail» a vivement fait réagir.
Les propos de François Fillon et l'emploi du mot «détail» pour qualifier l'amendement sur les tests ADN ont provoqué de vives réactions à gauche.
«On ne peut pas parler de détail lorsqu'il s'agit d'un élément essentiel sur le plan éthique», a déclaré François Hollande, interrogé au Grand Rendez-Vous Europe1/TV5/Le Parisien-Aujourd'hui en France.
Le patron du PS s'est toutefois refusé à «une polémique» sur l'emploi du mot détail, affirmant «vouloir croire qu'il
(M.Fillon) a commis une maladresse de langage». Certains ont en effet effectuer un rapprochement entre la phrase du premier Ministre et les mots de Jean-Marie Le Pen en 1987. Le président du Front national avait alors qualifié les chambres à gaz de «détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale».
A cet égard, Patrick Devedjian a estimé qu'«il faut vraiment beaucoup de malveillance pour faire un amalgame» entre les deux, aujourd'hui sur France-Inter. «Le mot détail appartient à la langue française. Le Premier ministre a dit une chose parfaitement exacte, à savoir que l'amendement n'était pas dans le projet du gouvernement et donc par rapport au projet gouvernemental, un amendement est nécessairement un détail», a affirmé le secrétaire général de l'UMP.
«Ce n'est pas un détail, c'est même quelque chose d'une gravité extrême», a déclaré de son côté Pierre Moscovici, député PS. Qualifiant le projet de loi sur l'immigration de «gesticulation politique», il a estimé qu'il relevait d'une «stratégie politique qui est celle de la droite, qui est celle de Nicolas Sarkozy qui a conquis l'électorat FN en grande partie et qui veut le conserver et inscrit sans arrêt à l'agenda l'immigration».
Pour François Bayrou, «S'il s'était agi d'un simple «détail», non essentiel à la loi, comme l'a dit samedi le Premier ministre, on aurait évidemment pu s'en passer». «Or le combat pied à pied mené par le gouvernement, pendant des jours, pour sauver le principe de cette disposition montre assez que, pour certains, elle n'était pas secondaire», poursuit le député des Pyrénées Atlantiques.
Enfin du côté du milieu associatif, Mouloud Aounit a déclaré, via un communiqué: «En employant sciemment le mot «détail» le Premier ministre vient de franchir les limites de l'insoutenable et de l'indécence». Le président du Mrap a également dénoncé un «compagnonnage avec l'extrême-droite».