PS : Il faut que ça pète !
Beaucoup de choses ont été écrites sur la situation post-élection présidentielle au PS. Il y a un débat didées qui fait émerger deux courants, entre les tenants dun virage à gauche et ceux dun recentrage du parti. Il y a un débat de personnes, avec en toile de fond des règlements de comptes et un semblant dunité pour les élections à venir. Je pense que tous les éléments sont réunis pour que le PS explose. Ce nest pas mauvais, cest peut-être même, paradoxalement, la seule solution viable.
Concrètement ? Tout est en place pour que ça pète
Le débat didées Pour pouvoir gagner, il faut définir clairement ses positions... La cause de la défaite et des défaites à venir si rien ne change est là. En ce sens, les deux côtés ont raison. La candidate PS ne sest pas vraiment extraite de lidéologie de son parti. Les dissensions au PS, les trahisons ont fait le jeu de ladversaire. Le programme nétait pas clair. On ne peut pas se réfugier derrière des arguments tournés vers lextérieur (Il y avait Sarkozy en face, les gens se laissent abuser) et ne pas regarder la situation et limage du PS. On ne peut pas construire, innover, avancer en ne faisant que ménager des courants didées si opposés.
La lutte des chefs Il est intéressant de noter que la lutte des personnes ne semble pas coller exactement au débat didées, les favoris étant plutôt contre une orientation à gauche. Il est difficile de distinguer ce qui différencie vraiment Ségolène Royal de Dominique Strauss-Kahn. Ils font partie de la même famille politique, du même courant didée au sein du PS et leurs différences sont à la marge. Mais cette lutte est âpre. Les ambitions individuelles importantes. Les comptes devront être réglés.
Une défaite, une autre probable, et une faible perspective de représenter un contre-pouvoir efficace Laccumulation des échecs et la perspective de devoir attendre cinq ans pour reconquérir sinon le pouvoir, au moins un véritable poids dopposition, vont attiser la discorde. La discorde sur le fond bien sûr, mais aussi stigmatiser les positions personnelles, attiser les rancoeurs et enlever toute retenue.
Situation explosive donc. Tant mieux. Non pas que je souhaite que le PS senfonce, non. Jécris tant mieux pour le PS. Quel que soit le virage idéologique qui sera fait, quelle que soit lissue de la guerre des chefs, il est essentiel de purger cette situation, de clarifier les orientations et de cesser dessayer des compromis qui ont conduit à la défaite.
Un peu de politique-fiction. Je pense que le courant "moderne" lemportera, le courant qui se détache, sur le plan économique, de lidéologie traditionnelle de gauche. Dans les deux camps, les valeurs sont assez similaires, le souci dentraide, de rejet des inégalités. Cest dans la vision des outils à utiliser quest la différence. Je mavance à ce pronostic car les deux favoris, Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal représentent ce courant. Ils devront alors avoir le courage de leurs idées tout en laissant la porte ouverte à ceux souhaitant les rallier. Dans lautre camp, les tenant dun virage à gauche pensent que lon ne peut gagner que par un retour au discours de gauche. La défaite vient pour eux davoir voulu essayer de se rapprocher de la droite, de sêtre laissé entraîner au centre ou a droite par Nicolas Sarkozy. Ceux-là ne pourront pas rester dans un parti prenant un virage plus libéral. Il y a probablement de la place pour recréer un parti de gauche sur des idées de gauche en utilisant aussi les forces de Chevènement, Besancenot, du PC... Ce nest pas beaucoup certes, mais si on ne peut gagner que sur des idées de gauche, il faudra fédérer pour renforcer le poids de ces idées.
Ça pétera donc.