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Psychodrame au PS où Lang claque la porte du groupe parlementaire

Jeudi 5 juillet 2007
 
Psychodrame au PS où Lang claque la porte du groupe parlementaire
PARIS (AFP), 19:10
© AFP
L'ancien ministre et député socialiste Jack Lang (d) et président du groupe socialiste à l'Assemblée Jean-Marc Ayrault, le 7 février 2007 à Paris
L'ancien ministre et député socialiste Jack Lang (d) et président du groupe socialiste à l'Assemblée Jean-Marc Ayrault, le 7 février 2007 à Paris

Les tensions s'aiguisent au PS, déstabilisé par la politique d'ouverture de Nicolas Sarkozy, avec comme dernier psychodrame la décision qu'a prise jeudi Jack Lang de boycotter son groupe au Parlement, qui a fait pression pour qu'il ne siège pas dans une commission gouvernementale.

Le volonté réitérée du Premier ministre François Fillon d'inclure "des membres du Parti socialiste" dans une commission gouvernementale chargée de faire des propositions pour la réforme des institutions a mis le feu aux poudres.

Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée, est monté au créneau pour interdire à Jack Lang, dont le nom circulait parmi les membres éventuels de cette commission, d'y prendre part.

Si le président de la République veut consulter sur la réforme des institutions ce serait "une bonne chose", mais dans ce cas il y a "une règle de base, le Parlement", a-t-il argué en plaidant pour une commission parlementaire dans laquelle le PS désignerait ses représentants.

M. Ayrault a prévenu le député du Pas-de-Calais que s'il se lançait dans "une aventure individuelle" en participant à une commission gouvernementale il ne serait "plus membre à part entière" du groupe PS.

Piqué au vif, l'ancien ministre de la Culture a claqué la porte de son groupe. "Les propos que tu as tenus à mon sujet ne sont pas dignes. J’ai pris la décision de ne plus participer aux réunions du groupe socialiste aussi longtemps que tu le présideras avec de telles méthodes", a-t-il écrit à M. Ayrault.

L'ancien ministre -qui dit n'avoir "donné aucun accord pour participer à une mission aux contours encore indéfinis"- laisse quand même planer le doute sur ses intentions. "La rénovation de la maison commune de la République -notre Constitution- réclame la contribution intellectuelle de tous les démocrates", dit-il en se "réjouissant" que le président de la République ouvre ce chantier.

Volant à son secours, Manuel Valls, député PS de l'Essonne, qui avait évoqué la "qualité" du discours de politique générale de François Fillon, a dénoncé "le climat de suspicion et la chasse aux sorcières" dans le parti et exigé que l'on se montre "respectueux" à l'égard de Jack Lang.

Mais la coupe est pleine au PS, après l'entrée de six personnalités de gauche au gouvernement, l'acceptation d'une mission sur la mondialisation par l'ancien ministre Hubert Védrine, les contacts pris par le président, selon la presse, avec des socialistes, dont Manuel Valls.

"Il faut mettre le holà et stopper l'hémorragie", a déclaré à l'AFP le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis. "Au nom de l'ouverture, Nicolas Sarkozy, comme tout Bonaparte, tente d'établir un lien direct avec l'opinion, indépendamment du Parlement, des corps intermédiaires et des partis politiques, en vue d'intégrer l'opposition à son système".

Ceux qui s'y prêtent "sont flattés" ou pensent qu'"il y en a pour dix ans" de Sarkozy, ajoute ce strauss-kahnien. Mais "il faut rétablir l'indépendance politique de l'opposition et même son intégrité physique", sinon, prévient-il, "un jour ou l'autre l'opposition s'exprimera soit par les extrêmes soit dans la rue".

Les "débauchages" de Nicolas Sarkozy sont d'autant plus efficaces qu'ils visent un PS déboussolé par sa défaite. "Le Parti socialiste est dans un grand désarroi, comme la droite l'a été après la victoire de Mitterrand en 1981", résume un responsable qui rappelle les luttes de clans déjà en cours pour la direction du parti.

Mots clés : Partis PS Assemblée ©Copyright AFP
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